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Asociaciones Internacionales

L’eau porteuse d’espoir à Djibouti

L’accès à l’eau est un enjeu crucial pour Djibouti pour satisfaire les besoins de la population mais aussi pour soutenir la relance économique.

Le manque d’eau nuit au développement de l’agriculture, c’est une des raisons à la faible production locale et à la dépendance presque totale de l’Ethiopie. C’est dans ce cadre que l’Union européenne soutient plusieurs projets de réhabilitation et construction de forages et de puits afin de faciliter aux agriculteurs locaux la culture de leurs champs.

Dans la localité d’Abaytou, Habib Ali Mohamed aide son père à gérer un champ. Le père d’Habib, Ali Mohamed Guelleh, un ancien mécanicien, dit vouloir inculquer à son fils le métier d’agriculteur. Il transmet toutes ses connaissances à son fils, qui est également formé par l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) et est maintenant moniteur agro-pastoral. Habib peut à son tour former d’autres agro-éleveurs et participer à l’expansion de la ferme de son père, et plus largement à celle de l’agro-élevage djiboutien.

Habib Ali Mohamed ouvre les vannes des tuyaux pour rafraichir l’intérieur de la serre à Abaytou.
Habib Ali Mohamed ouvre les vannes des tuyaux pour rafraichir l’intérieur de la serre à Abaytou
© Houssein Isman Hersi/Union européenne

 

Un autre partipant au projet, Mr Moyaleh réside dans un petit village près d’Obock où il bénéficie d’un forage pour cultiver la terre. Il témoigne des bénéfices concrets du projet « Appui à la résilience des populations rurales » mis en œuvre par la FAO.

Grâce au projet, l’agriculteur a développé ses cultures de piments malgré l’aridité. « Le piment réduit en poudre est un produit phare de Djibouti, tout le monde en consomme et ça fait partie de beaucoup de nos recettes »

Dini Molayeh.
Dini Molayeh.
© Houssein Isman Hersi/Union européenne
Des piments sont placés au soleil pour sécher avant d’être réduits en poudre, dans une ferme de la région d’Obock.
Des piments sont placés au soleil pour sécher avant d’être réduits en poudre, dans une ferme de la région d’Obock.
© Margot Hardy-Quinty/Union européenne

La vie est assez dure dans ce petit village éloigné de la ville, cependant avec le forage de l’eau, je suis plus serein dans mon travail car mes plantes ne sont jamais à court d’eau, de même que mes animaux.

Dini Molayeh

À Douda, les agriculteurs profitent de la station d’épuration des eaux qui leur permet de disposer d’un moyen alternatif pour arroser leurs plantations.

Cette station a été financée par le projet de l’Alliance Mondiale contre le Changement Climatique qui vise au renforcement de la résilience climatique au sein de la réserve naturelle.

20 hectares de périmètre agricole ont été mis en place pour le bénéfice de la coopérative FICAN qui emploie une quarantaine de familles.

Maintenance de la station de recyclage des eaux usées de Douda.
Maintenance de la station de recyclage des eaux usées de Douda.
© Houssein Isman Hersi

 

Étant donné la rareté de la pluie et le manque d’eau, les agriculteurs voient d’un bon œil la réutilisation de cette eau usée : « Ici, l’eau n’est pas très abondante et il est rare qu’il pleuve, cependant nous avons la chance de pouvoir utiliser de l’eau usée et recyclée qui nous vient de la station d’épuration des eaux pour arroser nos plants ».

Un agriculteur bénéficiaire de ces activités surveille ses plants d’okra. L’eau qui irrigue sa parcelle ainsi que les 46 autres de la coopérative, provient de la station. Il témoigne : « Cette parcelle me permet d’avoir un travail, de nourrir ma famille. C’est un projet qui est bon pour mon avenir et celui de mes enfants. L’eau est riche et tout pousse très bien, cette parcelle c’est vraiment une chance pour moi ! »

Les eaux usées recyclées font merveille sur ces plants d’okra.
Les eaux usées recyclées font merveille sur ces plants d’okra.
© Margot Hardy-Quinty/Union européenne

 

Le dessalement, un enjeu essentiel pour l'avenir

L’usine de dessalement de Doraleh est la première en son genre à Djibouti, et plus largement de toute l’Afrique sub-saharienne. Financée par l’Union européenne, son inauguration début 2021 est l’aboutissement d’années de travail. A travers ce projet, le pays de la Corne de l’Afrique se lance dans la valorisation des ressources en eau non-conventionnelles, une nécessité dans un contexte marqué par une pénurie hydrique persistante dans la région.

Avec sa station de pompage d’eau de mer, l’usine produit actuellement 22 500 m3/jour d’eau potable. Elle est connectée au réseau de distribution d’eau de la ville. Elle alimente également un réservoir d'environ 2 000 m³. Une deuxième phase du projet est prévue sur les 2 prochaines années dans l’objectif de doubler les capacités de production pour les porter à 45 000 m3/jour, afin de répondre aux besoins en eau potable de toute la population de la ville de Djibouti.

Un habitant d’un des foyers bénéficiaires de cette eau potable dessalée témoigne de cette petite révolution : « Depuis tout petit, on a des problèmes avec l’eau à la maison, et c’est compliqué de devoir acheter de l’eau en bouteille. On n’a pas toujours les moyens de le faire, et parfois on est obligés de boire l’eau du robinet, qui est salée et ça ne nous aide pas pour la soif. Avoir de l’eau potable et non salée au robinet, c’est vraiment incroyable, on ne pouvait pas rêver mieux. »

La station de production d'eau potable de Doraleh le jour de son inauguration.
La station de production d'eau potable de Doraleh le jour de son inauguration.
© Margot Hardy-Quinty/Union européenne