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Fonds Bêkou - Genre

Fait méconnu, la République centrafricaine (RCA) a été précurseure en matière d’engagement politique des femmes avec la nomination de la première femme cheffe de gouvernement, du continent africain tout entier : Elisabeth Domitien, Premier Ministre en 1975.

Depuis lors, les autorités centrafricaines ont montré leur engagement à mettre en place un cadre législatif et politique protecteur. La constitution de mars 2016 a inscrit l’égalité femmes-hommes dans son article 5. Elle garantit à la femme des droits égaux à ceux de l’homme et ce, dans tous les domaines. Cette volonté s’est traduite par le vote en 2016 d’une loi de parité qui fait obligation pour l’État, les partis politiques, le secteur privé et la société civile, de réserver au moins 35% des postes de décision aux femmes sur la période 2016-2026.

Cependant, la RCA reste une société profondément patriarcale : selon l’Indice de l’Inégalité de Genre, elle se situe à la 159e position sur 162 pays. Les filles et les femmes sont faiblement éduquées : d’après les statistiques gouvernementales, moins de 20% des filles en âge de l’être sont scolarisées en secondaire. Le taux de participation active des femmes au marché du travail est de 65%. De plus, le pays fragilisé par de nombreuses crises, dénombre un nombre significatif de violences basées sur le genre (VBG). Depuis plusieurs années, le système GBVIMS (Gender-Based Violence Information Management System) recense en moyenne 10 000 cas de VBG par an dont 2 000 cas de violences sexuelles. En l’absence d’un système d’information national intégré, ces données sont certainement largement sous-estimées.

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Murielle, une survivante de VBG accompagnée dans le cadre du programme genre II, dans son activité génératrice de revenus © Ludovic Juvenal Guenekean/IRC

Le Fonds Bêkou soutient la population et les autorités centrafricaines à travers un programme spécifiquement dédié au genre. Ce programme cible principalement les femmes et les filles, et particulièrement les victimes de violences basées sur le genre (VBG). De plus, la dimension genre est également très présente dans les autres programmes du Fonds Bêkou et particulièrement ceux touchant à la cohésion sociale, la santé et l’emploi.

Objectif

La troisième phase du programme Genre vise à « réduire les violences basées sur le genre en République centrafricaine ».

Elle s’aligne sur la stratégie nationale de lutte contre les violences basées sur le genre, le mariage d’enfants et les mutilations génitales féminines en République centrafricaine (2019-2023).

Priorités d'action

Depuis 2014, 11 millions d’euros ont été alloués par le Fonds Bêkou à cette thématique du genre via les trois phases du programme genre.

Phases 1 et 2 du programme Genre

Le Fonds Bêkou a financé le programme « Amélioration de la situation économique et sociale des femmes et de leur famille en République centrafricaine » (Genre I) pour un montant de 1,5 millions d’euros. Cette action, qui s'est achevée en août 2016, a été mise en œuvre dans la capitale Bangui ainsi qu’à Bocaranga et Kaga Bandoro. Les acquis de cette première phase ont été capitalisés et approfondis lors d'une deuxième phase (Genre II) menée entre 2017 et 2020.

Grâce au Fonds Bêkou, des centres d’accueils ou d’écoute publics et communautaires ont été appuyés : une Maison de l'Espoir a été inaugurée en 2020 dans la capitale ainsi que deux Centres d’Autonomisation Socio-Economique des Femmes - CASEF.

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Pidany Gbakela, psychologue sociale spécialisée au CASEF du 7e arrondissement de Bangui © Ludovic Juvenal Guenekean/IRC

Un volet important des programmes financés ciblait l’autonomisation socio-économique permettant aux victimes de VBG de reprendre leurs activités ou d’en démarrer de nouvelles. Cela a été rendu possible grâce à des campagnes d’alphabétisation, à de la formation professionnelle et à des appuis matériels ou monétaires.

Gisèle Pana Ministre de la promotion de la femme, de la famille et de la protection de l’enfant se prononce sur les bénéfices concrets des projets financés par le Fonds Bêkou qui ont permis de « développer des activités de formation de façon à donner de la qualification, à donner des compétences à des femmes qui en ont besoin parce que si ces femmes-là elles ont une qualification, elles ont une compétence, elles peuvent justement se prendre en charge, elles peuvent être autonomes et elles peuvent apporter leur contribution au relèvement de notre pays »

Finalement, un travail de mobilisation communautaire a également été mené pour sensibiliser sur les droits des femmes. Il s’agissait de prévenir de nouvelles violences mais aussi d’éliminer la stigmatisation des victimes de violence basées sur le genre pour leur permettre de réintégrer leur communauté.

Phase actuelle

Entre janvier et septembre 2019, plus de 8 800 cas de violences basées sur le genre ont été enregistrés par le système GBVIMS, dont 93% sur des femmes. C’est pour lutter contre cette situation que la troisième phase du programme genre (Genre III) a été adoptée en mars 2020. Elle est articulée autour de 2 axes :

  • Appui aux structures de prise en charge intégrée des victimes de VBG
    Le projet mené par International Rescue Committee soutient les victimes à plusieurs niveaux : en leur offrant un hébergement temporaire, en assurant leur prise en charge psychosociale, en les référençant vers les structures médicales pertinentes ; mais aussi, en facilitant leur réintégration familiale et socio-économique et, finalement, en mobilisant les communautés sur ces thématiques.
  • Assistance technique au Ministère
    Le second volet renforcera le Ministère de la promotion de la femme, de la famille et de la protection de l’enfant (MPFFPE) dans ses efforts de gouvernance et de coordination avec l’ensemble des acteurs investis sur cette thématique. Il s’agira de doter le MPFFPE de matériels et équipements essentiels, de réhabiliter ses locaux et de lui offrir un appui technique.

Composante transversale

De plus, les programmes financés par le Fonds Bêkou dans d’autres secteurs intègrent aussi une dimension genre. C’est notamment le cas du programme santé qui prévoit la prise en charge médicale gratuite des victimes de VBG. Certains partenaires fournissent également un appui psychosocial, voire une prise en charge de la santé mentale.

De plus, les projets de reconstruction économique et sociale urbaine (PRESU) et d’appui au retour ont permis de soutenir et redynamiser un certain nombre de centres d'accueil ou d’écoute à Bangui (notamment Les Flamboyantes et le Centre d'écoute Réseau des Psychologues en Centrafrique) et à Bambari. Ces structures sont ancrées dans les communautés et implantées sur des espaces de fragilité (quartier KM5 ou Miskine). Grâce au recours au « Travail à haute intensité de main d’œuvre – THIMO », des personnes ayant peu ou pas d’expérience, parmi lesquelles des jeunes filles ont pu s’initier aux activités du BTP.

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Gisèle NDAKANEDE, 25 ans, travaille sur un chantier du programme PRESU 25 ans © PRESU AGETIP-CAF 2020

Principaux résultats

  • 68 000 femmes appuyées dans leur intégration socio-économique
  • 200 000 accouchements assistés dans les centres de santé appuyés

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Fiche d'action - Programme d’appui à la lutte contre les violences basées sur le genre en République centrafricaine (Genre III)
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